La démarche innersource

By jeudi 13 février 2020Organisation, Rétrospective

Introduction

L’innersource est une démarche qui exploite, au sein des organisations, les méthodes de développement et les gouvernances en usage dans les projets open source, de manière à mutualiser des ressources et créer un cadre de travail attractif.
Oslandia développe des outils open source depuis 10 ans et ses membres interviennent en entreprise depuis 20 ans : placés à la croisée des chemins, nous avons eu l’opportunité en 2019 de travailler avec certains de nos clients grands comptes à la mise en place de leur organisation innersource.
Voici un bref état des lieux de la démarche, des bénéfices qu’elle peut apporter et des évolutions de gouvernance qu’elle implique. Un second article abordera les modalités pratiques de mise en oeuvre.

Qu’est-ce que c’est ?

L’innersource, consiste à appliquer les méthodes, outils, processus et bonnes pratiques du monde open source au développement logiciel et à l’innovation interne d’une entreprise.
En effet certains projets informatiques libres ou open source sont désormais de véritables locomotives industrielles exploitées par des secteurs entiers et parfois dans des proportions écrasantes. On peut citer le noyau Linux (qui équipe 98% des serveurs web), les principaux langages de développement, une part grandissante des gestionnaires de bases de données, des outils d’infrastructure comme Docker et Kubernetes, des systèmes d’information géographiques…
Or ces outils massivement adoptés par les développeurs et les industriels, sont actifs depuis plusieurs années et considérés comme des réussites, alors même que la construction d’applications internes aux entreprises est vécue comme un challenge et que le taux de réussite des projets IT est relativement bas (le CHAOS report du Standish Group fait état de 16% de réussite, d’autres études moins alarmistes évoquent des chiffres proches de 25% ou 50% de réussite…).
Au regard de ces chiffres, on peut donc s’interroger sur les modalités de pilotage et de développement des projets qui permettrait d’augmenter leur taux de réussite. Et en regard de cette interrogation, observer le fonctionnement des communautés open source.
Pour autant, de nombreuses entreprises ne souhaitent pas libérer l’intégralité de leur code car il comporte des aspects sensibles au regard de la concurrence. C’est l’objectif d’une démarche innersource de mettre en place des fonctionnements issus de l’OpenSource, tout en protégeant la valeur ajoutée des entreprises.

L'innersource est donc en premier lieu une réflexion sur l'organisation du travail et la manière d'augmenter le niveau de collaboration interne sur les projets informatiques.

À quoi ça sert ?

De manière générale, l’innersource permet de mettre en place un cadre collaboratif de production logicielle.
Le recul dont disposent certains acteurs permet de lister les bénéfices que l’on peut attendre de la démarche, qui comporte certes une dimension technique, mais consiste principalement à modifier la culture IT de l’entreprise.
Commençons par le plus évident ; l’innersource amène des bénéfices techniques liés à la réalisation de projets informatique, il s’agit de :

 

  • la vélocité (ou vitesse de production)
  • la qualité logicielle
  • la qualité de la documentation
  • la simplification des composants
La mise en place de la démarche amène l’organisation à gérer un écosystème logiciel plutôt qu’un portefeuille de projets informatiques (même urbanisés), ce qui amène à :
  • augmenter la collaboration entre structures internes
  • augmenter l’interopérabilité des systèmes
  • briser les silos de l’organisation
  • des impacts financiers qui peuvent être très importants
  • l’harmonisation des indicateurs de suivi et pilotage
Enfin, la dernière catégorie de bénéfices apportés par la démarche concerne directement les êtres humains impliqués :
  • les utilisateurs sont plus impliqués dans la définition fonctionnelle avec un mode de décision par consensus qui concerne directement les besoins les plus importants
  • la motivation des équipes est accrue. Avec cette motivation, le risque de turn-over des équipes est réduit. Dans certains cas la démarche peut être un outil au service de l’attractivité de l’entreprise pour ses salariés
  • la montée en compétence des nouveaux arrivants est facilitée
  • l’innovation interne augmente

L'implication des utilisateurs dans la définition et le pilotage des projets nous semble primordiale pour que le processus de développement logiciel atteigne son objectif, qui est de répondre à des besoins opérationnels.

Qui l’utilise ?

Les exemples de mise en place de la démarche ne manquent pas car les pionniers ont débuté au début des années 2000. Ainsi, IBM a constaté une augmentation de vélocité de l’ordre de 30%, Philipps a augmenté la réutilisation technologique interne et réduit son time-to-market, Zalando a une démarche innersource et open source pour une partie de son patrimoine, PayPal diffuse largement ses bonnes pratiques innersource et Autodesk communique sur sa démarche interne.
De ce côté de l’Atlantique, plusieurs grands comptes français participent à un groupe de travail innersource afin d’échanger sur les modalités de déploiement et les écueils rencontrés.

Pourquoi Oslandia ?

Oslandia est depuis 10 ans un pure player open source géomatique. L’entreprise baigne dans ce milieu et l’open source fait partie de notre ADN : nous contribuons directement et par le biais des projets financés par nos clients, nous participons à l’animation communautaire des logiciels que nous mettons en avant et connaissons donc bien les différents modes de fonctionnement open source.
En parallèle, nous travaillons pour une grande variété de clients dont des grands comptes et sommes donc familiers des problématiques rencontrées en entreprise.
Oslandia est donc idéalement placé, pour assister ses clients sur des problématiques de culture d’entreprise.
Bertrand Parpoil

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